Les bases de la peinture
On appelle peinture un mélange liquide de pigments et de colle. La colle est appelée un liant. Le pigment apporte la couleur, alors que le liant s’occupe de faire tenir la peinture sur le support après séchage. Toutes les peintures passent d’un état liquide à l’état solide par un séchage plus ou moins long.
On peut diluer la peinture avec un produit dans lequel le liant est soluble. Certains liants sont maigres (acrylique, vinylique, gomme arabique) et solubles à l’eau ; d’autres sont gras (huile de lin, huile d’œillette) et solubles aux essences (térébenthine, white spirit…).
Règles de base
Toujours peindre gras sur maigre. À l’huile, on augmente la quantité d’huile et de médium graduellement. Idéalement les jus seront dégraissés à l’essence de térébenthine, puis enrichis en huile et résine au fur et à mesure du travail afin d’éviter les embus. Cela signifie aussi qu’il est possible de peindre à l’huile sur de l’acrylique (sèche), mais pas d’acrylique sur de l’huile (même sèche).
On lit parfois qu’on pourrait passer une huile ratée au gesso avant de la repeindre. Surtout pas : le gesso est acrylique et accroche mal sur l’huile. La meilleure façon de reprendre une huile ratée est décrite ici.
Respecter les temps de séchage. Une huile est sèche au toucher entre 2 et 15 jours ; elle n’est sèche en profondeur qu’après environ un an. On ne vernira donc pas avant un an. L’acrylique sèche au toucher en quelques minutes ; elle n’est totalement polymérisée qu’après 48 heures. Attention à ne pas déranger les sous-couches par impatience.
Brillant + brillant → mat, et mat + mat → brillant. Cette notion aide à comprendre pourquoi deux couches de vernis brillant peuvent donner un aspect mat, et pourquoi des différences de brillance nuisent à la lecture d’une huile.
Étude, fine ou extra ?
Ces appellations dépendent de la finesse du broyage des pigments. Plus le pigment est pulvérisé finement, meilleur est le rendu chromatique, et plus cher est le tube. Pour une peinture précieuse à base de glacis, préférez des couleurs extra-fines. Pour une toile au couteau de grand format, la qualité étude en pots convient mieux.
Les différentes peintures
La peinture à l’huile
C’est la reine des peintures. Durable, elle permet des modelés plus faciles car elle met longtemps à sécher (plusieurs jours). Elle permet aussi de travailler en épaisseur. Dilution à l’essence de térébenthine ou, préférentiellement, au médium. Essayez d’être fidèle à une marque pour éviter les problèmes de miscibilité.
L’acrylique
Peinture moderne : on a peu de recul sur la conservation à très long terme, mais elle offre des qualités intéressantes. Après séchage, elle est souple donc résistante aux craquelures. Elle ne sent pas (sans être pour autant exempte de toxicité). Elle sèche vite ; des médiums retardateurs peuvent lui être ajoutés. Le nettoyage des pinceaux est plus facile, mais il ne faut pas laisser un pinceau sécher pendant le travail. Vernis et médiums permettent de lui donner du moelleux ou du brillant, à la manière de l’huile.
Vinylique
Elle possède des qualités proches de l’acrylique, mais est nettement moins utilisée dans les beaux-arts.
L’aquarelle
Peinture à base de pigments, de gomme arabique et de miel. Un grand fantasme l’entoure ; on peut néanmoins la considérer comme les autres peintures, sans la cloisonner à un genre précis.
La gouache
Souvent déclassée par son usage scolaire et son prix modique. Dommage : elle offre des possibilités riches (empâtements comme glacis), reste soluble à l’eau après séchage, et sa matité donne un velouté incomparable. Intéressante en technique mixte ou en croquis de modèle vivant. Voir le cours de gouache.

